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Le NOA, Noroeste Argentina

Posted by on 26 juin 2016

Du 8 au 14 juin 2016

 

Depuis notre arrivée en Argentine, on n’a pas arrêté d’entendre parler du NOA : les provinces de Jujuy et Salta, frontalières de la Bolivie et du Chili, ont la réputation d’être très différentes du reste de l’Argentine, pour raisons de géographie et de climat (équivalent de l’altiplano bolivien), et aussi de population et de traditions : les habitants ici descendent des peuples indigènes plutôt que des colons européens.

 


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Salta : une ville pas si belle que ça

On avait tout d’abord fait un passage rapide dans la ville de Salta avant d’aller à Aldea Luna. La ville est surnommée « la linda » (la belle) mais on a été assez déçus : la ville n’était pas particulièrement belle, à part quelques édifices éparpillés. On a appris ensuite que c’est la province de Salta et non la ville elle-même qui est réputée magnifique, ce qui explique tout ! Seul coup de coeur : le musée d’archéologie de haute montagne (MAAM), dédié au site du Llullaillaco, plus haut site archéologique du monde, où des constructions incas et des momies ont été retrouvées à 6700m d’altitude !! La visite nous a expliqué le Qhapaq Hucha / Capacocha (obligation royale) : un sacrifice d’enfants, mais sans violence, une sorte de donnant/donnant (la terre me donne des bonnes récoltes, je donne mon fils à la terre) : c’était pour eux et leur famille un grand privilège d’avoir été choisi. On a vu exposée la momie d’un enfant sacrifié (possible car les conditions de conservation du corps en altitude étaient optimales), c’était très touchant. Avant le sacrifice en lui-même, l’enfant devait marcher jusqu’au lieu de sacrifice qui était un volcan à près de 7000m d’altitude. Les enfants choisis pour le sacrifice étaient choyés et enterrés avec tous un tas d’objets magnifiques (vaisselle, poupées en or…). Le jour du sacrifice, ils donnaient un alcool fort à boire à l’enfant (pour les endormir) avant de les laisser mourir d’hypothermie.

Après ça, on a fait notre super séjour à Aldea Luna (cf article précédent).
Ensuite, on a repris la route pour visiter la Quebrada de Humahuaca. Toute la région de cette immense vallée est classée au Patrimoine Mondial par l’UNESCO, et on a compris pourquoi : d’un point de vue naturel, chaque paysage est plus impressionant que le précédent, et d’un point de vue humain, il y a des vestiges très importants, et des traditions locales très particulières.

Tilcara : des étoiles (filantes) plein les yeux

On a choisi de se poser dans la ville de Tilcara (étoile filante en quechua) pour rayonner dans la Quebrada de Humahuaca. Déjà, posons la base : Tilcara est une petite ville touristique mais sympathique, et située à 2400m d’altitude. Oui, ici, tout est situé en altitude : normal quand on est entouré par des montagnes de plus de 5000m ou 6000m. Le climat est semi-désertique : pas d’arbre, mais des cactus de partout, et on n’a pas eu une goutte de pluie pendant notre séjour, ça a été le bonheur de retrouver le soleil. Par contre, la nuit, on perdait 20 degrés et les températures étaient négatives !

On a commencé par visiter les ruines incas et pré-incas de la Pucara (forteresse) de Tilcara et le musée associé. Les maisons d’époque y ont été reconstruites : murs de pierre sans mortier, toîts recouverts de terre et poutres en bois de cactus. Le bois de cactus, vous ne saviez pas que ça existait ? Nous non plus ! Mais ici, c’est un des matériaux de base pour la construction.
Après ça, on est allés à la découverte de la ville, c’était agréable de s’y balader, dans les rues non goudronnées, entre les maisons en pierre et en adobe. Ensuite, ça a été la mission « retrait d’argent » : en Argentine, c’est toujours un peu compliqué de passer à la banque, sachant qu’on ne peut pas payer par carte et que le plafond de retrait est de 150€. Mais là, la file d’attente était longue de 50 personnes ; enfin bon, on n’avait pas le choix… Après ça, on a découvert le petit marché local, plein de petits stands vendant de l’artisanat. Au bout de 2 ou 3 vendeurs, on arrivait à bien différencier les fabrications industrielles et ce qui était fait à la main, à base de laine de lama (pofyncho, bonnet…), dont certains étaient de petites merveilles artisanales. A côté de ça, dans beaucoup de boutiques, on pouvait acheter du « coca + bica », comprendre « feuilles de coca et bicarbonate de sodium ». On n’était pas étonnés puisqu’on a souvent croisé des gens en train de chiquer de la coca. En variante, on a aussi trouvé des infusions ou des bonbons à la coca.

Les rues tranquilles de Tilcara

Les rues tranquilles de Tilcara

Pucara de Tilcara : des pierres, des cactus et du soleil

Pucara de Tilcara : des pierres, des cactus et du soleil

Achat de poncho directement auprès des fabricants

Achat de poncho directement auprès des fabricants

Toujours à Tilcara, on a fait une randonnée vers un canyon profond, la Garganta del Diablo (encore une !). Ca nous a aussi permis d’avoir des vues splendides sur les paysages des environs, incroyables montagnes plissées de rouge, de blanc, de vert et ravinées par les eaux, ce qui donne des motifs dignes de peintures… Anecdote marrante : sur le chemin, on a croisé Ventsi, un de nos sympathiques compagnons d’Aldea Luna.
On était également restés en contact avec d’autres volontaires, et un soir, on a retrouvé les suisses Camille et Basile et leur fille Anaïs pour manger dans un bon restaurant en ville.

Encore un lama qui a une dure vie

Encore un lama qui a une dure vie

Depuis la Garganta del Diablo, pour aller à Tilcara, suivre les cactus

Depuis la Garganta del Diablo, pour aller à Tilcara, suivre les cactus

Purmamarca : Cerro de los Siete Colores

Un autre jour, on a pris le bus pour aller au village voisin de Purmamarca. Ce joli village est construit en briques d’argile, tout était très touristique et donc pas très authentique. Après, ce n’était pas désagréable de déambuler au milieu des boutiques vendants des tapis, des sculptures, des matés et des feuilles de coca.
Mais surtout, Purmamarca est connu pour son Cerro de los Siete Colores (montagnes aux sept couleurs). On a donc fait une balade pour aller voir ça. Comme à Tilcara, on a vu des montagnes plissées de couleurs, mais ici c’était encore plus coloré : on n’est pas certains de la liste des couleurs, mais on pense avoir vu : beige, orange, rouge, violet, vert, jaune et gris.

Rue principale de Purmamarca : couleurs vives de tous les côtés

Rue principale de Purmamarca : couleurs vives de tous les côtés

Cerro de los Siete Colores

Cerro de los Siete Colores

Humahuaca : El Hornacal

Humahuaca est la plus grosse ville de la Quebrada (11.000 habitants). On ne pouvait pas manquer d’y passer, même si on n’y a pas dormi. La ville en elle-même était une version plus grande, plus animée et plus urbaine de Tilcara.
Mais la principale raison pour laquelle on y est allé, c’est El Hornocal. Le site étant à l’écart de la ville, il faut prendre un taxi pour y aller, et vu qu’on n’est pas en saison touristique, on a eu du mal à trouver d’autres personnes pour partager la course avec nous. Finalement, alors qu’on avait perdu espoir, on a trouvé d’autres personnes, et on n’a pas regretté l’attente. Le taxi nous a monté sur une belle route à 4300m d’altitude (!), on sentait qu’on ne respirait plus de la même manière que dans les plaines. Là, on a découvert la vue sur El Hornocal. C’était INCROYABLE, vraiment pittoresque! On croyait avoir vu des belles couleurs à Tilcara et au Cierro de los Siete Colores, mais là, c’était encore autre chose. Encore une fois les couleurs sont dues aux couches géologiques plissées, mais c’était encore plus intense. Devant nous, on avait des herbes jaunes déssechées, et au loin, des triangles colorés de nuances très marquées : du rouge vif, de l’ocre, du jaune, du vert, de l’orange, du violet, du blanc… On avait l’impression d’avoir sous nos yeux une toile peinte par un peintre à l’esprit ravagé !

El Hornacal : un paysage pareil, ça coupe le souffle (surtout à cette altitude)

El Hornacal : un paysage pareil, ça coupe le souffle (surtout à cette altitude)

El Hornacal (on comprend bien le surnom de montagne aux quatorze couleurs)

El Hornacal (on comprend bien le surnom de montagne aux quatorze couleurs)

Salinas Grandes : du blanc, du blanc, et encore du blanc

Le jour où on était à Purmamarca, on s’est groupés avec deux argentins pour une excursion en taxi jusqu’aux Salinas Grandes. Le trajet aller a pris environ une heure, via une route magnifique toute en lacets, et en passant par un col à 4100m. Après le col, descente sur le plateau des Salinas Grandes à 3500m d’altitude, où le taxi nous a laissé pour qu’on se balade dans cet immense désert de sel. A certains endroits, on voyait des entreprises extrayant le lithium et le sodium. A d’autres endroits, des trous creusés dans le sol servaient à faire précipiter des cristaux de sel, et recueillir du sel de table. Les quelques bâtiments étaient construits avec un matériau local : des briques de sel, directement découpées dans le sol ! On s’est promenés un assez long moment dans le salar, à marcher sur cette épaisse croûte de sel. Partout, on avait du sel à perte de vue jusqu’aux montagnes. C’était vraiment étrange, tout était blanc et éblouissant, et il faisait extrêmement chaud (réverbération).

L'impressionante route pour aller aux Salinas Grandes

L’impressionante route pour aller aux Salinas Grandes

Salinas Grandes : un moëllon en sel !

Salinas Grandes : un moëllon en sel !

Perdus dans les Salinas Grandes. Passe-moi le sel, chérie !

Perdus dans les Salinas Grandes. Passe-moi le sel, chérie !

Iruya : excursion au bout du monde

Par ailleurs, on a aussi fait un crochet pour aller passer deux nuits dans le village d’Iruya. On nous avait recommandé ce village « du bout du monde ». On n’a pas été déçus : rien que pour y aller, il a fallu 4 heures de bus, dont 3 heures sur une route en terre passant à 4000m d’altitude avec des zigzags au bord du vide. Le bus est tombé en panne 2 fois sur le trajet, et lorsque le chauffeur a fait un démarrage en marche arrière au bord du précipice, Elsa a eu tellement peur qu’elle a préféré fermer les yeux pour ne pas voir la suite du trajet, c’était vraiment une « route de la mort ».
Arrivés à Iruya, on a découvert ce village à 2800m d’altitude, accroché à flanc de montagne, et complètement dépaysant. Dans le village, on a logé dans une petite pension familiale ; la rue était tellement raide que les gens faisaient des zigzags à pied pour la monter. On n’y a vu presque aucune voiture, mais on y a croisé ânes et chevaux en train de brouter dans les ruelles. Les gens y étaient encore plus typés indien/inca que dans le reste de la province, et avaient la peau très foncée, presque noire. Les femmes portaient souvent leur costume traditionnel, très beau, mais refusaient qu’on les prenne en photo. On a aussi pu voir les différences culturelles en croisant des cairns dédiés au culte de la Pachamama, divinité de la Terre-Mère pour les peuples andins.

Iruya, une église, quelques maisons, et des falaises

Iruya, une église, quelques maisons, et des falaises

Depuis Iruya, on a fait une balade jusqu’au village voisin de San Isidro. On a marché deux heures dans une vallée, en suivant un chemin de mules au bord de la rivière. Les vallées étaient très belles, de couleur orange et rouge éclatantes. Le soleil était encore au rendez-vous : malgré l’altitude, on a fait la randonnée en short et t-shirt, ça faisait plaisir ! San Isidro était encore plus au bout du monde que Iruya, c’est dire ! Le village était situé au dessus du canyon dans lequel on marchait, et seules 3 motos et une voiture étaient garées en bas des falaises. Il y avait aussi des ânes attachés sur le « parking », moyen de transport local. Le retour à pied à Iruya s’est bien passé.
Le lendemain, un bus nous a ramené dans la Quebrada de Humahuaca. On a volontairement pris un bus très matinal, comme ça, Elsa n’a pas vu par où le bus passait et n’a pas eu peur pendant le trajet.

Superbes couleurs entre Iruya et San Isidro

Superbes couleurs entre Iruya et San Isidro

Les bolides garés sur le parking de San Isidro

Les bolides garés sur le parking de San Isidro

Laguna de los Pozuelos : Les fla, les fla, les flamandes

Enfin, pour conclure cette magnifique région du Noroeste Argentinien, on est allés observer les flamants roses de la réserve de biosphère Laguna de los Pozuelos. Tout d’abord, on a pris le bus pour la ville d’Abra Pampa (3500m), assez facile d’accès, où on a passé une nuit dans un hôtel un peu glauque (on était les seuls clients avec un gérant peu sympathique). En se renseignant au bureau du parc national : Gustavo, le chef des garde-parcs, a proposé de nous emmener en voiture à la Laguna.
On a donc fait le trajet avec lui, une sorte de visite guidée juste pour nous. Encore mieux, arrivés à la réserve naturelle, un autre garde-parc allait faire sa tournée d’inspection vers la lagune et nous y a emmené. On n’a donc pas eu à marcher les 7km de l’aller, ni les 7km du retour, et encore une fois, très sympathique, il nous a commenté l’histoire du parc et parlé de la faune, de la flore, et des communautés habitant la zone.

Tout le temps où on a été sur place, on a été seuls : peu de touristes viennent visiter la réserve, et aucun en cette saison. C’est un endroit tout à fait particulier. La région est appelée appelée la Puna, composée de hauts plateaux (plus de 3000m) arides, et la lagune elle-même est située dans une cuvette à 3700m d’altitude, donc le peu d’eau accumulé s’évapore, ce qui concentre le sel dans la lagune. Il n’y a presque pas d’habitants dans les environs : on a compté seulement 4 ou 5 maisons dans toute cette zone immense, avec des grands enclos pour les lamas domestiques, et des zones encore plus grandes où les troupeaux de vigognes se déplacent en liberté.

Les plateaux de la Puna à 3700m

Les plateaux de la Puna à 3700m

Pendant que le garde-parc faisait son inspection, on s’est tranquillement posés sur les bords de la lagune, dans l’herbe et les cristaux de sel, à observer les centaines de flamants en train de se nourrir, avec au loin les montagnes qui nous encerclaient. Le site est d’ailleurs classé (RAMSAR et par l’UNESCO) pour la préservation des flamants. C’était un moment très paisible et on en a profité. C’était dur de se dire que les sommets des environs dépassent tous les 4500m ! On a aussi observé d’autres animaux : les vigognes dont on a déjà parlé (camélidé cousin de l’alpaga), beaucoup de canards, des grosses perdrix, et clous du spectacle : des centaines de cuys. Ces gros rongeurs ressemblent à des cochons d’inde et vivent dans des terriers ; on en a vu plusieurs dizaines se faufiler à toute allure entre les herbes en essayant d’être discrets.

Les fla, les fla, les flamandes

Les fla, les fla, les flamandes

Les vi, les vi, les vigognes... Oui, ok, je sors...

Les vi, les vi, les vigognes… Oui, ok, je sors…

Voilà, c’est fini pour la région du NOA. Vous l’avez compris, on a adoré cette région pleine de charme… Mais c’est pas tout, on a la prochaine étape qui nous attend : les fameuses chutes d’eau d’Iguazu !

Et en bonus, Pépette et sa belle robe sur mesure (à Iruya)

Et en bonus, Pépette et sa belle robe sur mesure (à Iruya)

2 Responses to Le NOA, Noroeste Argentina

  1. FABRICE LAM MINH

    Bonjour,
    Encore un texte aussi beau que sont les paysages de cet altiplano! Les déserts de sel, les lacs colorés aux flamands roses… Un de mes meilleurs souvenirs de voyage mais coté bolivien. Avez vous gouté le cuy?
    Bonne visite de la petite cascade d’Iguazu…
    Amitiés,
    Fabrice (Cambodge)

    • dukiliaukiwi

      Merci Fabrice ! On se doute bien que le Chili voisin et l’altiplano bolivien doivent être similaires tout en différant… Malheureusement on a du choisir, et on a préféré ne pas y aller pour éviter de « tout faire » en coup de vent… Enfin, pas de regret car on en a pris plein les yeux en Argentine !

      Xavier avait goûté le cuy en Ecuador il y a quelques années, mais on n’en a jamais vu en Argentie…

      A côté de ça, continue bien à trimballer ton sac à dos organe, on suit également tes aventures et ça a l’air très différent et très intéressant ! (parfois sinistre mais intéressant quand même…)

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