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WWOOFing à Reko

Posted by on 11 mai 2016

Du 17 avril au 1r mai 2016

D’El Chalten où on était précédemment, on a fait un trajet en bus de presque 24h (WTF !) pour rejoindre le lieu de notre volontariat : El Bolson. Il y a beaucoup de possibilités de WWOOF dans cette ville, qui a une ambiance particulière, car ce fut un refuge dans les années 70 pour hippies fuyant la dictature. Aujourd’hui, ces communautés sont encore là, ainsi que des gens venus s’installer plus récemment à la recherche d’un mode de vie alternatif.



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Vu qu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce WWOOFing, on va essayer d’organiser ça…

L’arrivée

La « Chacra » (attention, même si on est chez les hippies, les chacras ne sont pas ici liés à la circulation d’énergie dans le corps mais des propriétés/fermes) est complètement excentrée de la ville, au bout d’une piste en terre de 20 km. Pas de bus le dimanche, ni le lundi ni le jeudi d’ailleurs ! 2-3 bus par semaine, donc il ne faut pas se rater ! Donc nous avons presque tout fait en auto-stop. Par contre, on a fini les 6 derniers kilomètres à pied, avec notre attirail sur le dos… Par moments, on a douté de notre destination car on ne rencontrait plus d’habitation (juste une vache perdue) et aucune voiture ne nous a doublés pendant notre longue marche…
Mais on a bien fini par arriver, soulagés, devant l’entrée de la Chacra « Reko », où un cheval broutait tranquillement.

Vue dans les environs de Reko : au programme, montagnes enneigées et arbres flamboyants

Vue dans les environs de Reko : au programme, montagnes enneigées et arbres flamboyants

Les hôtes/habitants de la chacra

A la base des habitants, 2 frères : Geraldo avec sa femme Paula et leurs 3 enfants, et Gabriel avec sa conjointe Gabriella. Il y a également Layin, un ami espagnol, qui vit là 6 mois par an, et Ernand, un ancien volontaire qui est venu ici il y a 2 ans et n’en est jamais reparti.

L'équipe de choc : Elsa, Geraldo, Martin, Xavier

L’équipe de choc : Elsa, Geraldo, Martin, Xavier

A celà, il faut ajouter les animaux : 3 chiens, 3 chats, 20 poules, et 2 chevaux (pour les déplacements et le transport de matériel).

30 millions d'amis

30 millions d’amis

Les lieux

Le nom du lieu, Reko signifie « eau pure » en langue mapuche. En effet, Geraldo et Gabriel ont acheté 120 hectares de forêt en 2001 pour une bouchée de pain, dans l’idée de fuir la crise financière d’Argentine et d’y vivre en entretenant la nature. Depuis ce temps-là, avec des volontaires, ils ont tout aménagé à partir de rien, en commençant par drainer l’eau des alentours pour former des réserves anti-incendies.
Sur les lieux, on trouve 2 maisons finies, où vivent nos hôtes, superbes « éco-constructions ». A côté, des toilettes sèches, un entrepôt, un four à pizza, une bodega (cave) pour stocker la bière qu’ils brassent, et un abri pour les chevaux.

La superbe maison actuelle de Geraldo et Paula

La superbe maison actuelle de Geraldo et Paula

La non moins belle maison actuelle de Gabriel et Gabriela

La non moins belle maison actuelle de Gabriel et Gabriela

En remontant un sentier de forêt, on arrive sur la partie où on a été pendant la plupart du temps : un immense atelier avec une partie cuisine commune et dortoir pour les volontaires. Aux environs, 4 maisons en construction : une pour Geraldo et Paula, une pour Gabriel et Gabriela, une pour Ernand, une pour Layin.

Les maisons, finies et en construction, sont toutes différentes, mais ont des points communs. Dans tous les cas, il s’agit de « bio-construction », un terme un peu flou disant que les maisons sont « éco-friendly », une fois finie, ainsi que dans leurs méthodes de construction :

  • utilisation de matériaux biodégradables ou recyclés pour la plupart (bois/paille/mélange de terre argileuse/bouteilles en verre)
  • l’isolation est bien faite : murs en paille recouverts de terre, toits isolés +++ et recouverts de terre et de plantes
  • utilisation de la lumière solaire : de grandes fenêtres orientées de manière à capter le soleil les mois les plus froids mais ne pas mourir de chaud en été
  • place belle aux énergies renouvelables : panneaux solaires pour l’électricité et pour chauffer l’eau / échangeur de chaleur
  • utilisation de vérandas-verrières pour réchauffer la maison et avoir un mini-jardin sous serre permanent.
Maison de Gabriel et Gabriela, en construction

Maison de Gabriel et Gabriela, en construction

Le dortoir et les volontaires

Dans le dortoir des volontaires, on a habité avec :

  • Martin, un tchèque volontaire ici depuis 6 mois
  • Mayté, une ex-volontaire française, revenue en Argentine pour y vivre, qui logeait temporairement avec nous avec sa fille de 2 ans, Alève
  • Louis (un clone de FF), un anglais venu pour 4 jours
  • Laura, française venue pour 2 semaines à Reko, et joueuse de Kobo
    Par ailleurs, la première semaine, il y avait une famille franco-brésilienne logeant en camping-car, en voyage de 6 mois en Amérique du Sud : Guillaume et Karina et leurs enfants George et Carmen

Toute l’équipe est très sympa (locaux et volontaires). Mais on a été un peu déçus de ne pas vivre avec les hôtes, car du coup moins d’échange culturel.
Par ailleurs, on a mis quelques jours à prendre nos marques car le lieu de vie des volontaires était assez petit pour 10 personnes !

Notre lieu de vie : la cuisine

Notre lieu de vie : la cuisine

Notre lieu de vie : le dortoir des volontaires

Notre lieu de vie : le dortoir des volontaires

Le boulot

Les jours se sont suivis sans se ressembler, avec des tâches de durées variables :

  • ramassage de pommes pour faire du jus / embouteillage
  • cuisine pour toute la communauté
  • jardinage
  • beaucoup d’aide sur les différentes maisons :
    • peinture
    • installation de gouttières sur les toits dans des positions plus qu’acrobatiques
    • clouer des diagonales de bois sur les façades
    • garnir l’intérieur de ces diagonales avec de la paille
    • recouvrir ces diagonales de mélange de terre argileuse
    • « revocar » : fignoler les murs en lissant le mélange argileux
    • discuter de physique des particules (Gabriel était un grand fan de physique et du CERN alors il y avait régulièrement des interruptions de boulot pour questionner Xavier)

En théorie, les horaires allaient de 10h-14h, puis repas commun, puis 16h-19h30. En réalité, on ne commençait jamais avant 10h30 (voire 11h15 certains jours, vive les horaires sud-américains), et on s’arrêtait plus tôt, à cause du froid.

Installation des gouttières en discutant de physique

Installation des gouttières en discutant de physique

Pas de voiture, mais il y a quand même des embouteillages... de jus de pomme

Pas de voiture, mais il y a quand même des embouteillages… de jus de pomme

Notre passion, clouer des diagonales en équilibre

Notre passion, clouer des diagonales en équilibre

En train de "revocar"

En train de « revocar »

Les environs

Comme on l’a dit, c’était un peu dur de quitter la Chacra : 4 km de marche pour rejoindre l’arrêt de bus, puis 1h de bus pour rejoindre El Bolson (quand il y en a !). Par contre, sur cette piste en terre, on s’est sentis dépaysés : c’est une communauté où tout le monde se connaît, et on a rencontré plusieurs fois des locaux se déplaçant à cheval : bienvenue en Patagonie ! Mais l’équitation est à la mode patagonienne, c’est-à-dire avec le béret rouge et la bière à la main sur le canasson… Pratique le cheval, pour rentrer d’une soirée arrosée !
On est quand même allés découvrir la ville de El Bolson, son marché artisanal et ses glaces 🙂

L’avantage de cet isolement est de vivre dans une sortie de paradis perdu. Reko est situé dans la forêt aux éclatantes couleurs d’automne, et environné de montagnes enneigées.
La première semaine a été très pluvieuse et le froid omniprésent (jour et nuit), et on n’a pas toujours apprécié la nature alentour. Mais la deuxième semaine, il a fait grand beau, c’était magique.

Par ailleurs, on a pu faire quelques balades. On est allés se balader dans la proche station de ski (nommée Perito Moreno, comme beaucoup de lieux en Patagonie), sans aller au sommet car la neige commençait à s’infiltrer dans les chaussures.
Et dans le coin, il y avait énormément de randonnées à faire. Xavier est allé se faire une sortie « bourrin » : d’abord à Cajon del Azul, avec un canyon d’eau… bleue, des refuges magnifiques (le gardien du refuge offrant la coutume du « maté » à ses visiteurs). Et, comme tout le monde avait dit qu’il fallait 3 jours pour faire la rando du « Dedo Gordo », Xavier a prolongé la rando et tout couplé en une journée. Malgré les paysages magnifiques, il faut reconnaître que c’était plutôt costaud, avec 35 km de marche et 1200m de dénivelé, avec une partie dans la neige et de coulées de pierres enneigées.

Le magnifique "Cajon del Azul"

Le magnifique « Cajon del Azul »

Refuge sur la route du Dedo Gordo

Refuge sur la route du Dedo Gordo

Bilan : les plus / les moins

Dans l’ensemble, on a bien aimé ce WWOOFing complètement différent de ce qu’on connaissait en NZ. Le fait de vivre en communauté, et d’apprendre à construire des maisons était très intéressant. Cependant tout n’était pas parfait et il y a eu des gros coups de coeur comme des choses qu’on aurait aimées différentes.

  • l’organisation était un peu aléatoire : parfois on était prêts à 10h et on était au chômage technique jusqu’à 11h15… La 1re semaine, il y a eu beaucoup de moments vides, mais ça allait bien mieux la 2ème semaine où on était occupés presque tout le temps.
  • la météo ne nous a pas été favorable : la pluie de la première semaine, cumulée avec le froid automnal, rendait le travail difficile. Et le froid ne nous quittait pas la nuit car le dortoir était peu chauffé, il fallait donc dormir avec vêtements thermiques, sacs de couchage et couvertures.
  • heureusement, on a pu compter sur la bonne humeur des volontaires pour passer des soirées sympathiques et animées, à cuisiner, discuter, et jouer au Kobo, à la belote.
  • la cuisine était à la fois un « plus » et un « moins ». En effet, la cuisine était végétarienne ; une équipe cuisinait pour tout le monde à midi (c’est-à-dire vers 14h30), et on a mangé à base de soja/lentilles/maïs/haricots, et légumes de saison (choux et patates en l’occurrence). C’était vraiment bon et on a appris à cuisiner sans viande, mais l’estomac d’Elsa n’a pas résisté à ce nouveau séjour, et 2 gastros en 2 semaines, ça n’aide pas à se sentir bien… Pour les matins et soirs, les volontaires se débrouillaient à partir des produits de base fournis (sucre/thé/farine/riz/avoine/légumineuses/pâtes/légumes de saison), et si on voulait des extras (viande/oeufs/lait/sucreries) à nous de les acheter.
  • à plusieurs occasions, on a testé cette coutume argentinienne qui est le « maté ». C’est une plante infusée, le yerba mate, qu’on boit dans une calebasse, à la bombilla (paille métallique avec filtre). Pas question de le boire dans son coin, c’est toute une institution : le récipient à Maté circule de personne en personne, et une personne est chargée de re-remplir d’eau régulièrement ; de même, il y a des choses à ne pas faire : ne pas dire merci, ne pas toucher la bombilla…
  • autre coutume qu’on a également testée pour vous : l’asado. Il s’agit du BBQ version argentinienne, quasiment un rituel. Visiblement très populaire dans le pays, on a eu l’occasion d’en partager un à Reko, dont la plupart des habitants ont mis leur végétariannisme de côté pour une soirée : en effet, on mange bien, mais pas question de parler de légumes !
  • on a bien progressé en castellano. Plus de « bloquage » lorsqu’on essaie de parler. On n’est pas encore fluide dans la langue, on a un peu de mal avec le passé simple, et le vocabulaire n’est pas toujours présent, mais on comprend vraiment mieux, et on peut soutenir des discussions avec les gens.
Lors de l'asado : de droite à gauche : Paula, Geraldo, Martin qui profite bien de la vie, Ernand, Guillaume

Lors de l’asado : de droite à gauche : Paula, Geraldo, Martin qui profite bien de la vie, Ernand, Guillaume

One Response to WWOOFing à Reko

  1. Chantal FAURE

    Ca me plairait ce genre d’ambiance… Merci pour les nouvelles toutes fraiches..

    Grosses bises à tous les deux

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