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Métro-boulot-dodo

Posted by on 21 novembre 2015

Du 29 septembre au 14 novembre 2015

Comme vous avez du le remarquer, ces dernières semaines, les articles se sont espacés et les découvertes touristiques également.
Pour cause : on sort d’un mois et demi de travail. Eh oui, on a honnêtement gagné notre croûte, pour pouvoir continuer le reste de notre périple sans soucis d’argent.

La recherche de travail a laborieusement commencé fin Août mais sans grand succès.
On a été employés dans une Packhouse (lieu/usine où ils trient et emballent les fruits qui viennent d’être récoltés des vergers) pendant une semaine puis on a démissionné/on s’est fait virer selon les versions !
C’était un peu un échec car ils ne nous employaient que comme « extras », autrement dit « bouche-trous » et on a du travailler en tout et pour tout 13 heures dans la semaine ! Autant dire que ça ne valait pas le coup de rester coincé dans le coin pour si peu d’heures. Donc on a décidé de quitter le boulot, ce d’autant plus qu’ils ne voulaient pas du piercing (au nez) d’Elsa, pour cause d’hygiène. Vous comprenez, si il (=le piercing) décide de s’enfuir dans une cargaison de kiwis (alors qu’il n’a pas bougé de sa place en 5 ans), ça la fout mal. Mais par contre les alliances, pas de problèmes ! Au passage ils nous faisaient signer des papiers sans nous les avoir commentés/expliqués auparavant. A posteriori, on a appris que les fameux papiers décrivaient les risques au travail (pesticides, protection contre, etc.).
Bon, vous l’aurez compris, on s’en est allés de cette Packhouse sans regrets.

Ensuite, voyant que la saison des jobs saisonniers n’était pas fructueuse à cette époque, on a décidé de faire du WWOOFing pendant un mois (on en a parlé dans les articles précédents).

On a ensuite enchaîné sur notre premier « vrai » job : le picking d’oranges (ramasser des oranges) : on est tombés sur un couple, Brett et Shona, adorable, nous offrant la possibilité :
– de loger dans une petite maison indépendante à côté de chez eux avec tout le confort nécessaire et pour une modique somme.
– et de travailler pour eux à ramasser des oranges.

Chez Brett et Shona! Vive les All Blacks !

Chez Brett et Shona! Vive les All Blacks !

Repas chez Brett et Shona

Repas chez Brett et Shona

On a fait en tout 10 jours de picking d’oranges. C’est tellement plus agréable de bosser au soleil en plein air, en respirant la fleur d’oranger à longueur de journée.

Fleurs d'oranger. Désolé, on ne peut pas vous mettre l'odeur avec.

Fleurs d’oranger. Désolé, on ne peut pas vous mettre l’odeur avec.

On remplissait des « bins » (=grosses caisses en bois) de 400 kg. On en faisait entre 6 et 8 par jour à nous deux soit l’équivalent de 3 tonnes d’oranges !
Les pauses du matin et de l’après midi, c’était dégustation d’oranges, trop bon. Xavier en a un peu abusé d’ailleurs (8 oranges par jour) et son appareil digestif a gentiment su lui rappeler…
« Là c’est de trop ! »

400 kg d'oranges (soit une bin) !

400 kg d’oranges (soit une bin) !

Oranger avant picking...

Oranger avant picking…

Oranger après picking...

Oranger après picking…

Parfois, on se sentait un peu seuls donc on s’amusait comme on pouvait.

Craquage...

Craquage…

Craquage bis...

Craquage bis…

On a aussi trouvé beaucoup (j’ai même envie de dire race) de nids d’oiseaux. Avec parfois des surprises à l’intérieur : œufs de couleurs différentes et même oisillons. L’oisillon, ça ne fait pas partie de ces bébés animaux qui nous rendent gagas, c’est très laid finalement. Mais qu’est que ça se développe vite ! En une semaine, ils passent du stade « laid, aveugle et immobile » au stade « je vole hors du nid ». Je pense qu’ils ont plutôt intérêt à voler rapidement pour pas se faire déguster par les prédateurs… Cruelle nature… Enfin bon.

Rencontre avec des oeufs

Rencontre avec des oeufs

Rencontre avec des oeufs bis

Rencontre avec des oeufs bis

Oisillons (aliens) d'un jour de vie peut-être

Oisillons (aliens) d’un jour de vie peut-être

Mêmes oisillons 4-5 jours plus tard

Mêmes oisillons 4-5 jours plus tard

Le point négatif, et on ne le soupçonnait pas avant, c’est que les orangers ont des épines, comment dire, plutôt très piquantes !  Donc pas très cool pour les bras et les mains. Le soir c’était session ablation d’échardes à la maison (« trop bien » dirait Elsa).

On a aussi essayé le picking de mandarines et d’avocats (arbres immenses).

Xavier perdu dans les avocats. Il parait plutôt petit.

Xavier perdu dans les avocats. Il parait plutôt petit.

Arbre...comment dire...productif !

Arbre…comment dire…productif !

Brett s'amusant sur l'élévateur, parce que les avocats ils ne tombent pas du ciel !

Brett s’amusant sur l’élévateur, parce que les avocats ils ne tombent pas du ciel !

Planté d'avocatier

Planté d’avocatier

Par la suite, on a enchaîné sur du « bud thinning » de kiwi. Pas de panique, je vais expliquer ce que c’est. On a dégoté ce job en rencontrant le producteur, Mark, au marché local de Gisborne.
Le bud thinning c’est la sélection/suppression des bourgeons de kiwis en trop. L’arbre de kiwi est en réalité une vigne qui part du sol évidemment et ses feuilles sont en hauteur (2m ou plus) reposant sur des fils de fer. C’est tout un art et c’est assez beau finalement des vergers de kiwis.

Un verger de kiwis

Un verger de kiwis

Vue sur la canopée de kiwis

Vue sur la canopée de kiwis

Donc, c’est bien beau tout ça, mais l’arbre s’est un peu lâché sur les bourgeons et il y en a beaucoup trop. Enfin, ils pourraient laisser comme ça, mais les fruits seraient invendables car trop petits. Donc, ils préfèrent enlever la majorité des bourgeons pour n’en laisser que 2 à 5 par petite branche (shot) et favoriser de gros fruits plutôt qu’une grosse quantité de petits fruits. Le nombre de bourgeons laissés dépend de la taille de la branche sur laquelle ils poussent. Pour vous donner un ordre d’idée, on enlève à peu près les 3/4 des bourgeons.

Bourgeons et fleurs de kiwis avant le thining. On peut voir quelques triplettes. Oui je sais, Michel, ça vous fait rêver tous ces bourgeons !

Bourgeons et fleurs de kiwis avant le thinning. On peut voir quelques triplettes. Oui je sais, Michel, ça vous fait rêver tous ces bourgeons !

Après thining... C'est plus light !

Après thinning… C’est plus light !

Ce n’est pas un travail physique, mais par contre la position de travail n’est pas des plus confortables. Neuf à dix heures par jour, les bras et la tête en l’air, le dos en prend un coup. Mais bon, après quelques jours, le corps s’habitue.

En dessous de la canopée

En dessous de la canopée

On a principalement travaillé dans la variété de kiwis nommée le gold kiwi. On ne connaît pas cette variété en France, on ne connaît que le green kiwi. Le gold a une peau glabre et une couleur de chair tirant vers le jaune. Au goût, il est moins acide et plus doux. La NZ l’exporte surtout en Asie. C’est plutôt très bon, on peut même manger la peau si on veut. Je pense qu’il va arriver en France d’ici peu. On a même appris qu’il existait une variété de kiwis rouges ! Amazing !

Enfin, le kiwi gold, c’est un peu l’or de la région. Les licences pour en produire sont très chères (100 000$ / hectare). Mais cela doit apparemment rapporter gros s’ils prennent la peine d’acheter les licences et surtout de payer 46 travailleurs saisonniers pendant 15 jours à faire du tri de bourgeons !
A faire du thinning dans le kiwi gold, on prend vite le coup de main. Des vérifications de notre boulot sont faites régulièrement en comptant le nombre de bourgeons au mètre carré après notre travail. Le nombre doit avoisiner 60, sinon c’est pas bon.
Le but de la manœuvre est aussi d’enlever les « triplettes ». Non, pas celles de Belleville, les triplettes c’est quand, sur une pousse, on a un gros bourgeon principal et deux petits bourgeons accessoires, on ne garde que le principal.

On a aussi fait du thinning dans les kiwis verts. Comment dire, les règles sont différentes et peuvent parfois s’apparenter au cul-de-chouette pour les connaisseurs !
C’est facile, tu laisses deux feuilles avant le premier bourgeon, ensuite tu laisses tous les bourgeons sur la branche. Et n’oublies pas d’enlever les triplettes quoi qu’il arrive.
Par contre si tu as une feuille puis un bourgeon, enlève le bourgeon et laisse les autres.
Et si tu as trois bourgeons sur la branche ou moins, ne touches à rien !
Bref, un coup de main à prendre là aussi.

On a aussi fait un peu de « pressing ». Ce n’est pas laver ses vêtements, non (bien que ça nous arrive). C’est presser l’extrémité des lianes les plus grandes pour stopper leur croissance et favoriser l’irrigation des futurs fruits.
Le pressing, comme dit Elsa, c’est nul. Faut serrer (très) fort la fin de la branche entre le pouce et l’index et à la fin de la journée, plus de force dans les doigts. Deux jours après, Elsa était toujours incapable d’ouvrir un pot de confiture !
Là aussi, c’était du boulot en plein air, donc agréable et les fleurs de kiwis, quand elles étaient ouvertes, sentaient vraiment très bon. Par contre les abeilles en train de polliniser les fleurs, c’est moins cool…

Très impressionnant. On a vu un essaim d'abeilles sorti de leur ruches ! Madame la reine a voulu sortir car elle se sentait trop à l'étroit dans sa maison et toutes les autres ont suivi, fidèles. On ne s'est pas approchés trop près...

Très impressionnant. On a vu un essaim d’abeilles sorties de leur ruche ! Madame la reine a voulu sortir car elle se sentait trop à l’étroit dans sa maison et toutes les autres ont suivi, fidèles. On ne s’est pas approchés trop près…

En parlant de fleurs de kiwis, on a aussi eu l’occasion de ramasser des fleurs de kiwis mâles (ils font une réserve de pollen pour l’année prochaine au cas où la pollinisation se passe mal, comme ça ils feront une pollinisation artificielle). On a ramassé pas moins de 8kg de fleurs de kiwis chacun.
Petite anecdote médicale : Elsa a eu l’occasion de traiter en live un début d’oedème de Quincke (un mec allergique aux abeilles s’était fait piquer et commençait à gonfler sérieusement). Et là, ça sert d’avoir des médocs dans la voiture genre prednisolone et anti-histaminiques !!! Ca, c’est pour les gens qui se moquaient de moi lorsque je préparais ma pharmacie 😉

Sinon, on a même exporté nos compétences à Opotiki (2h de route vers le nord) où ils étaient un peu dans le rush car ils ne trouvaient pas de travailleurs et avaient besoin +++ de faire leur thinning. C’était un peu l’auberge espagnole puisqu’on campait sur place, c’était très sympa.

A Opotiki avec Charlie !

A Opotiki avec Charlie !

Et petite anecdote : dans les vignes de kiwis, il y a des arbres mâles et des femelles. Les femelles sont celles qui produisent le fruit. Les mâles servent à polliniser. Sans mâle, pas de kiwis, c’est comme dans la vraie vie. Les arbres femelles poussent bien organisés, bien rangés, en ordre quoi. Et les mâles poussent n’importe comment, dans tous les sens, c’est le bazar complet.
Tout parallèle avec l’espèce humaine serait, bien entendue, malvenue…

Pour finir sur le boulot, précisons que Mark, notre boss était vraiment mais vraiment le meilleur boss qu’on n’ait jamais eu, et le plus jeune. Il n’avait que 26 ans mais des reponsabilités de ouf.
D’abord, très accessible et sympa (plutôt BG dirait Elsa). Il sait manier ses employés et obtenir un travail de qualité tout en restant très sympa. On avait systématiquement de la crème solaire à disposition. On a aussi eu droit à un fish’n’chips un midi, offert par la maison, et en fin de semaine, une glace pour fêter le week-end, ainsi qu’un BBQ sur la plage le samedi soir.
Bref, ça c’est bien passé quoi.

On a eu l’occasion aussi d’expérimenter un autre boss, lorsque Mark n’avait pas de boulot à nous offrir sur une semaine. Comment dire… c’était folklorique. Plutôt à la cool, très cool. Le boss était le sosie de Jack Sparrow. Les horaires de travail, assez « flexibles », ça veut dire payé 10 heures par jour mais réellement bosser 7h par jour. Le reste du temps, on était payé pour faire des passes de rugby ou essayer de viser une botte avec des bourgeons de kiwis… Plutôt de l’argent lancé par les fênetres pour les proprios du verger et on n’a toujours pas compris avec Xavier… Mais bon.

Et maintenant, les poches remplies de dollars, on the road again !

One Response to Métro-boulot-dodo

  1. bouillot

    OMG!!! Xavier, t’as perdu tes poils?!

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